La lecture d’une exposition
L’orientation des musées a énormément évolué. Le visiteur est devenu le centre d’intérêt principal. Le spectateur n’est pas seulement un spectateur d’un discours, mais il devient l’acteur au centre d’une production qui est créée et qu’il va créer[1]. « Il se met à disposition de l’exposition pour y passer du temps, regarder ce qu’elle lui propose, et il fait le lien entre les choses suivant ce que leur disposition lui suggère. »[2] La relation étudiée est celle des objets au groupe de visiteur, sur sa mise en contexte, sur les différentes lectures possibles d’une même exposition.[3]
La conception de l’exposition est telle qu’elle « suscite, stimule, capte et fixe son (le visiteur) attention, le motive, éveille son intérêt ou mobilise ses styles cognitifs. »[4] Le but de ce changement d’orientation est d’attirer les publics rebutés par les musées traditionnels par le biais de nouvelles interactions, de nouveaux dispositifs.
Bernard SCHIELE classifiait les visites selon trois catégories :[5]
«
- Visite « culturelle » (par curiosité ou pour passer un agréable moment)
- Visite « personnelle » ou « motivée »(on s’intéresse au contenu ou au savoir en général)
- Visite « médiatisée » : tout projet de visite qui ne relève pas explicitement d’un rapport immédiat au contenu ou à sa relation culturelle
»
Les visiteurs traditionnels (personnels pour SCHIELE) se retrouvent-ils dans cette nouvelle manière d’aborder les discours ? Cette question a pour élément de réponse la confrontation de deux objectifs : l’émotion et la didactique.
[1] SCHIELE B.,
Le musée de science, L’Harmattan, 2001
[2] DAVALLON, L’exposition à l’œuvre, L’Harmattan 1999
[3] SAEZ, La fonction politique du musée dans la cité, centenaire du Musée Dauphinois, 2006
[4] SCHIELE B., Le musée de science, L’Harmattan, 2001
[5] SCHIELE B., Le musée de science, L’Harmattan, 2001