Ça bzzzzz dans les labos !

Les scientifiques cherchent à comprendre comment les abeilles régulent leur vitesse pour éviter les obstacles. Vous vous êtes déjà posé la question vous ? Ou est-ce que vous les regardiez, comme moi, flirter avec les étamines depuis le hamac. Hé hé, n’en dîtes pas plus.

Et bien dans les labos, on s’y intéresse vivement ! On a ainsi compris que c’est une « vitesse angulaire » que ces insectes perçoivent. Je m’explique : quand l’abeille vole au-dessus du sol, elle voit défiler les contrastes de l’environnement d’avant en arrière, et d’autant plus vite qu’elle est proche du sol. C’est exactement comme quand nous sommes en voiture, et que nous voyons défiler les buissons du bord de la route à toute vitesse, alors que nous avons le temps de regarder les arbres plus éloignés. Plus on est proche, plus ça va vite. C’est donc cette information que reçoit l’abeille.

Les scientifiques ont alors proposé l’existence de « régulateurs » internes qui aurait pour rôle, chez l’abeille, de maintenir la vitesse angulaire – autrement dit la vitesse de défilement du paysage – constante. Ce régulateur ferait donc ralentir l’abeille automatiquement lorsqu’un obstacle se rapproche. Pas mal, non ? Mais alors, cette fois-ci, à quoi ce type de recherche pourrait bien servir ? Si je vous dis que c’est l’affaire d’un laboratoire de biorobotique… Une idée ?

Comme nous l’avons expliqué, ce système de régulation automatique ne contraint pas les abeilles à devoir mesurer continuellement leur vitesse ou leur position par rapport aux obstacles – ce que font les avions avec leurs radars. Or ces radars ont plusieurs inconvénients : ils coûtent cher, ils sont encombrants, et très énergivores. Si c’est au départ un sujet de recherche fondamentale, il pourrait donc rapidement trouver des applications dans l’aéronautique !

Et oui ! Qui mieux que les insectes pourrait nous apprendre à voler ?

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2181.htm

abeille en vol

Pas de radar embarqué, jamais de crash...

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Des micro-algues pleines de ressources…

Les scientifiques s’intéressent aux algues. Beaucoup. Ça m’a toujours amusée. Ils étudient leur cycle de vie, leur développement, leur reproduction. Ils ont même séquencé, dernièrement, des génomes entier : celui de Micromonas, et celui la Chlorelle : deux micro-algues mises à l’honneur dans des communiqués du CNRS.

Très bien. Mais qu’est-ce qu’on fait avec ça ? Peut-être rien pour l’instant. Et oui, la recherche, c’est aussi aller plus loin dans la connaissance du monde qui nous entoure, sans autre objectif que d’en apprendre plus. La science pour la science, la recherche dite fondamentale, c’est beau non ? Mais, il est vrai, ça se discute : ne vaut-il pas mieux investir l’argent et l’énergie des chercheurs sur des travaux immédiatement « utiles » ? D’un autre côté, avons-nous vraiment besoin d’avoir systématiquement des raisons de chercher ? Et quelle place donner à la recherche fondamentale ?… Il m’est d’avis que cette conversation n’est pas terminée, et que nous y reviendrons prochainement.

Ici, en réalité, on s’intéresse à Micromonas car ses populations très abondantes se renouvellent très vite : elles peuvent donc réagir rapidement aux variations de leur environnement (taux de CO2 par exemple). Elles pourraient dans ce sens être utilisées comme indicateur biologique des changements qui peuvent avoir lieu au sein des écosystèmes océaniques. Quant à la Chorelle, c’est une cible privilégiée des programmes de recherche sur les biocarburants. En effet, les algues ont l’avantage de ne pas entrer en concurrence avec les zones cultivées. La Chorelle a ceci de particulier qu’elle est composée en grande partie de lipides, ce qui en fait une espèce particulièrement intéressante… Tout s’explique ! ;)

A vous maintenant : faîtes-moi part de ce qui vous intrigue ! À bientôt !

Pour en savoir plus :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1982.htm

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1573.htm

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En avant…marche !

Vous saviez, vous, que certains scientifiques cherchent à comprendre comment marchent les piétons dans une foule ? Des approches expérimentales, à partir d’enregistrements vidéo en milieu urbain, nous apprennent ainsi que les piétons, lorsqu’ils se croisent, le font selon des conventions sociales : sur 150 observations, 80% des personnes se sont croisées par la droite. A nuancer cependant : cette préférence est culturelle. Les asiatiques, eux, préfèrent se croiser par la gauche.

Bon, bon, très bien. Les expériences montrent également que les groupes de trois personnes ont tendance à adopter une configuration en forme de V. La personne se trouvant au milieu est légèrement en retrait. C’est apparemment la seule configuration qui permette à chaque membre du groupe d’échanger avec les autres tout en avançant.

Ok. Mais, à quoi ça sert ? Pourquoi les chercheurs se concentrent-ils sur ce genre d’observations ? Et bien parce que cela leur permet de donner plus de réalisme aux modèles de mouvements de foule. Et pourquoi étudie-t-on les mouvements d’une foule ? C’est pour mieux les réguler, et éviter à l’avenir des accidents tels que la violente bousculade qui a eu lieu près de La Mecque en janvier 2006. Elle avait fait 362 morts.

Modéliser les mouvements de foule permet, à partir de logiciels de simulation, d’aménager les espaces urbains – comme les gares ou les stades – en conséquence. Décidément, vive la science !

Sources : La Recherche n°450

Foule

La foule aux portes d'un stade : attention à vos pieds !

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De la sérendipité en sciences…

Le mot en lui-même ne vous parle peut-être pas. Pour tout vous dire, je ne connais son existence que depuis peu. Figurez-vous qu’il s’agit d’un néologisme. Il exprime le fait de faire une découverte par accident. Julius H. Comroe, chercheur en médecine plutôt facétieux apparemment, en donnait la définition suivante : « la sérendipité, c’est chercher une aiguille dans une botte de foin, et trouver la fille du fermier ». A l’origine, le mot serendipity qui avait été inventé en 1754 par l’historien, so british, Sir Walpole. Il s’était inspiré d’un conte perse : « Les Trois Princes de Serendip ». Dans cette histoire, les trois héros faisaient un long voyage, parsemé de découvertes fortuites et bienheureuses.

Attention, cependant, aux raccourcis du type : une découverte accidentelle, c’est une question de chance. Pas seulement ! Le hasard donne parfois (souvent même) un petit coup de pouce à la science. Mais pour que cela devienne une prodigieuse découverte, encore faut-il l’intuition d’un esprit en ébullition. Et oui ! La sagacité du chercheur. Son esprit vif et souple, qui opérera une pirouette décisive devant les résultats inattendus d’une expérience que d’autres auraient considéré comme ratée.

Un exemple bien connu parmi d’autres : la découverte des rayons X, par Wilhelm Röntgen en 1895. Un jour, alors qu’il menait des expériences sur les rayons cathodiques avec un tube de Crookes (le joujou favori des physiciens de l’époque), il remarqua qu’un carton recouvert de platinocyanure de baryum, placé à côté du tube, devint fluorescent. Notons que le tube était recouvert de papier noir opaque afin que la lumière qu’il produisait ne gêne pas l’expérience. Röntgen se posa des questions, et multiplia les expériences pour comprendre ce phénomène : il venait de découvrir un nouveau type de rayonnements qu’il nomma finalement du nom de l’inconnue mathématique : x.

Je dois dire, pour terminer, que la sérendipité ne fait pas de merveilles qu’en sciences : c’est aussi la mère des cookies aux pépites de chocolat ! A bon entendeur… =)

photo : http://www.flickr.com/photos/djizeus/

Pas de mots pour ça... :)

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