Les scientifiques cherchent à comprendre comment les abeilles régulent leur vitesse pour éviter les obstacles. Vous vous êtes déjà posé la question vous ? Ou est-ce que vous les regardiez, comme moi, flirter avec les étamines depuis le hamac. Hé hé, n’en dîtes pas plus.
Et bien dans les labos, on s’y intéresse vivement ! On a ainsi compris que c’est une « vitesse angulaire » que ces insectes perçoivent. Je m’explique : quand l’abeille vole au-dessus du sol, elle voit défiler les contrastes de l’environnement d’avant en arrière, et d’autant plus vite qu’elle est proche du sol. C’est exactement comme quand nous sommes en voiture, et que nous voyons défiler les buissons du bord de la route à toute vitesse, alors que nous avons le temps de regarder les arbres plus éloignés. Plus on est proche, plus ça va vite. C’est donc cette information que reçoit l’abeille.
Les scientifiques ont alors proposé l’existence de « régulateurs » internes qui aurait pour rôle, chez l’abeille, de maintenir la vitesse angulaire – autrement dit la vitesse de défilement du paysage – constante. Ce régulateur ferait donc ralentir l’abeille automatiquement lorsqu’un obstacle se rapproche. Pas mal, non ? Mais alors, cette fois-ci, à quoi ce type de recherche pourrait bien servir ? Si je vous dis que c’est l’affaire d’un laboratoire de biorobotique… Une idée ?
Comme nous l’avons expliqué, ce système de régulation automatique ne contraint pas les abeilles à devoir mesurer continuellement leur vitesse ou leur position par rapport aux obstacles – ce que font les avions avec leurs radars. Or ces radars ont plusieurs inconvénients : ils coûtent cher, ils sont encombrants, et très énergivores. Si c’est au départ un sujet de recherche fondamentale, il pourrait donc rapidement trouver des applications dans l’aéronautique !
Et oui ! Qui mieux que les insectes pourrait nous apprendre à voler ?


