Aujourd’hui, afin de m’excuser de ma faible présence ces derniers temps, je vous ai concocté un article sur des fleurs bien connues : les orchidées car non, ces plantes ne se résument pas aux espèces cultivées que l’on achète, été comme hiver, dans les jardineries. A l’état naturel, cette plante est même celle qui comporte le plus grand nombre d’espèces dans le monde. On estime en effet qu’il y en a entre 25000 et 30000, dont quelques 160 sont présentes en France et fleurissent pour notre plus grand plaisir du printemps à l’automne.
Mais attention, car même si elles sont très belles et que la tentation de les cueillir est grande, sachez que toutes ces espèces sont intégralement protégées alors, si vous en croisez, laissez les en terre et profitez en pour faire de beaux clichés. Et même si votre côté rebelle vous démange, n’essayez pas de vous en faire un bouquet car les fleurs faneraient dans la demi-heure suivante. Eh oui, malgré leur apparence robuste, les orchidées sont des fleurs bien fragiles.
Elles ont cependant réussi à s’adapter à tous les milieux (exceptés déserts et cours d’eau) grâce à leur particularité commune, celle de vivre en symbiose avec un champignon. Ils s’apportent ainsi mutuellement tout ce dont ils ont besoin pour vivre : le champignon apporte eau et éléments minéraux alors que l’orchidée lui apporte sucres et vitamines. Bien pratique non ? (Et comme quoi l’Homme n’a rien inventé, le troc existe déjà depuis longtemps dans la nature).
Enfin, venons en au fait avec l’orchidée dont je souhaitais vous parler aujourd’hui : L’Ophrys Abeille qui, en plus d’être très belle, présente une particularité bien curieuse : comme son nom l’indique, sa fleur ressemble à s’y méprendre à… une abeille !

Ophrys abeille (© R.Daugeron)
Et en plus de cette imitation visuelle, l’Ophrys Abeille dégage une odeur très proche de celle d’une abeille femelle. Mais pourquoi fait elle tant d’efforts de déguisements me direz-vous. Et bien tout simplement, pour assurer sa survie car, pour se reproduire, elle a besoin d’attirer les abeilles qui, en butinant de fleur en fleur, permettent de disséminer ses grains de pollen. En imitant ainsi une abeille femelle, la plante va attirer un grand nombre de mâles qui, en se posant sur la fleur dans l’espoir de rejoindre une partenaire potentielle vont se charger en pollen et le transporter jusqu’à une autre fleur. Et c’est à ainsi, grâce à ses talent d’imitatrice, que l’Ophrys Abeille se perpétue.

Pieds d'Ophrys abeille (© R.daugeron)