Dans l’unité précédente, vous vous êtes peut-être vu caricaturé… Cette fois, c’est le tour des Français ! Avec ces deux exercices, vous allez pouvoir découvrir (ou redécouvrir) quelques stéréotypes sur eux...
Les Français en caricatures
Le point commun...
La mode change...
Paradoxalement, c’est en essayant de connaître les autres que nos stéréotypes sur eux se créent… En effet, le monde qui nous entoure est très complexe et nous devons souvent en avoir une connaissance rapide… Notre cerveau met alors en place des processus cognitifs pour simplifier les informations reçues en fonction de nos besoins, de nos buts et de nos valeurs.
Les processus de catégorisation et de classification organisent le monde en groupes d’éléments qui ne sont pas identiques, mais qui possèdent une certaine ressemblance. Les mots sont eux-mêmes des classes et des catégories : par exemple, le mot « chaise » désigne un ensemble d’objets variés, mais tous servent à s’asseoir.
Nous utilisons ces mêmes processus pour connaître les autres, particulièrement lors d’un séjour à l’étranger. Vous, par exemple : en vivant à Grenoble, vous avez besoin de vous habituer à une nouvelle culture et de savoir ce que ferait « un Français » dans telle ou telle circonstance… Mais il vous est impossible de les connaître tous ! Votre cerveau simplifie donc la réalité : il efface d’abord les différences entre tous les Français et généralise ensuite leurs ressemblances. On obtient ainsi une représentation du « Français moyen », celle d’un individu unique qui serait représentatif de l’ensemble de ses compatriotes.
Et bien nous avons dressé le portrait de ce « Français moyen » à l’aide de quelques statistiques : venez le rencontrer dans les deux exercices ci-dessous !
Le "Français moyen"...
Un portrait réaliste ?
Comme nous l’avons vu dans l’activité précédente, notre faculté à opérer des généralisations ne s’arrête pas lorsque nous sommes confrontés à la réalité : voyager dans des pays étrangers et découvrir d’autres cultures ne suffit donc pas à rétablir la vérité et à connaître les autres. Il existe toutefois plusieurs types de généralisations : on distingue les stéréotypes et les représentations.
A la fin du XVIII siècle, le mot « stéréotype » était utilisé dans le milieu de la typographie et il désignait la reproduction d’images imprimées par le biais de formes fixes : on pouvait reproduire un modèle à l’infini. En 1922, le mot a été utilisé par Walter Lippman en sciences humaines pour désigner des clichés, des opinions toutes faites sur un groupe de personnes. Il s’agit d’une image figée dans le temps : elle n’évolue pas et se transmet de l’un à l’autre à l’identique. Ainsi, quelqu’un qui n’a jamais été en contact avec des Français, par exemple, peut tout à fait véhiculer des stéréotypes sur eux.
Le terme « représentation » désigne lui aussi une vision réductrice d’un groupe, mais contrairement aux stéréotypes, il s’agit d’une image qui évolue au fil des rencontres avec les membres de ce groupe. Les représentations d’un voyageur, par exemple, changent en fonction des informations qu’il obtient au cours de son séjour.
ARTE Radio a recueilli les témoignages d’un groupe d'Allemands expatriés en France : ils parlent de leurs représentations sur les Français et de la façon dont ces représentations ont évolué au fil de leur séjour. Vous pouvez soit écouter la totalité de l'extrait avant, soit passer directement aux trois exercices de compréhension orale ci dessous (vous pourrez réécouter les extraits en répondant aux questions).
Comment les Allemands apprennent à vivre en France
si le lecteur n'apparait pas ci-dessus,
téléchargez Quicktime
> Site d’Arte
Radio : www.arteradio.com
> Durée de l'extrait : 6 minutes 57 secondes
> Auteur : Tatjana Bogucz > Date de diffusion :
20/01/2003
> Rubrique « archives », tapez « Allemands
en France »
En arrivant en France...
Après un moment...
Où êtes-vous chez vous ?
Après le point de vue des Allemands, voici celui d’une francophone : Lynda Lemay, une chanteuse québécoise... Dans l’une de ses chansons, « Les maudits Français », Lynda Lemay décrit ses lointains cousins et se plaît à se moquer des petites différences culturelles entre la France et le Québec. Ecoutez d’abord cette chanson en cliquant ici. Attention, certains mots sont québécois et même certains Français auraient du mal à les comprendre ! Voici un petit lexique pour vous aider à comprendre les paroles. Répondez ensuite aux questions de l’exercice 4.
"Les maudits Français"
Vous
allez maintenant rédiger un témoignage en deux
parties.
1.
Parlez d'abord de votre vision de la
France avant d'arriver à Grenoble. Comme dans l’unité précédente,
nous souhaitons recueillir
des stéréotypes que vous avez eus,
entendus, vus ou lus…mais sur la France
et les Français, cette fois ! Réfléchissez à ce
que votre famille et vos amis vous ont dit lorsqu’ils
ont appris que vous veniez en France…Pensez
aux médias dans votre pays (presse, télévision,
cinéma…), comment montrent-ils les
Français ? Attention, il ne s’agit
pas d’écrire ce que vous pensez être
vrai, mais tout ce que vous avez pu voir ou entendre,
vos premières associations d’idées…
2. Ensuite,
pensez à votre
arrivée
en France, à vos premières rencontres
avec les Français… Quels
sont les stéréotypes que vous avez
abandonnés ? Quels sont ceux qui ont été renforcés
? Comme Linda Lemay,
certains détails ont dû vous surprendre
dans leur façon de vivre, non ? Racontez
les
habitudes des Français qui vous surprennent, vous
énervent, vous amusent ou vous plaisent...
Il est intéressant
de discuter de toutes ces activités en classe.
Voilà différents thèmes de réflexion
et de discussion que vous pouvez aborder.
Thèmes de discussion :
Parmi les stéréotypes
et les représentations que vous avez lus ou
entendus, y a-t-il des contradictions, des points de
vue qui s’opposent ? A votre avis, pourquoi
ne remarque-on pas toujours tous les même détails ?
Avez-vous constaté des points communs entre
ces représentations ? Les habitants d'un même
pays ont-ils des représentations similaires
sur la France et les Français ?
Vous avez vu dans cette unité que les stéréotypes et surtout les représentations nous servent à anticiper les comportements culturels des habitants du pays dans lequel nous vivons. Mais cela n'explique pas pourquoi nous avons des jugements de valeur. A votre avis, d’où viennent nos impressions positives ou négatives face à la différence ? A quoi nous servent-elles ?
Est-ce aussi pour mieux connaître les autres ?